Voiture autonome : une lueur dans le noir

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La voiture autonome va largement soulager le quotidien des personnes aveugles à l’avenir.

Mais à quoi ressemble la conduite autonome dans la plus parfaite obscurité ? Nous l’avons testée pour vous à l’occasion d’un trajet spectaculaire dans le noir. Nous avons demandé à Miro Miletic – malvoyant et directeur de l’exposition « Dialog im Dunkeln » (dialogue dans le noir) – ce qu’il avait pensé de ce trajet test et à quoi ressemble sa voiture du futur.

Dans l’exposition « Dialog im Dunkeln » à Hambourg, les visiteurs sont plongés dans le quotidien d’un aveugle. Des guides malvoyants les accompagnent pour une balade simulée en ville, dans un bar ou au parc. En collaboration avec l’exposition, BMW a souhaité élargir l’expérience :

proposer à des passagers de prendre place à bord d’une BMW i3 dans l’obscurité la plus totale. Ce qu’ils ignorent : une surprise de taille les attend. Les réactions sont dithyrambiques ! Voyez par vous-même.

Vidéo : trajet test dans le noir

Mention :
Cette vidéo propose des extraits de film sur des technologies fictives de conduite autonome, pas encore introduites sur le marché. BMW ne produit pas encore de véhicule autonome en série. Ce film propose un scénario hypothétique sur la manière d’envisager la conduite autonome à l’avenir. Pour cette simulation, aucun véhicule de série n’a été utilisé et le trajet a été effectué sur un circuit délimité sous surveillance de nos experts.

Interview de Miro Miletic, directeur de l’exposition « Dialog im Dunkeln »

Miro Miletic, quelle place occupait la conduite dans votre vie avant que vous ne perdiez la vue ?

J’ai passé des années au volant de ma voiture. J’adorais conduire et l’indépendance que cela me procurait. Quand j’ai perdu la vue à l’âge de 27 ans, tout s’est soudainement envolé. Fini le plaisir de s’asseoir en voiture et de simplement partir faire un tour. Et pourtant, ma jolie voiture de sport n’attendait que ça ! La conduite représentait un élément très important de ma vie. J’y étais attaché comme à un ami. Et d’un seul coup, c’est fini. Cette perte est très difficile à digérer psychologiquement.

Croyez-vous que la conduite autonome puisse faire revivre ce sentiment chez vous ?

Ce ne sera certainement jamais pareil. Il s’agit quand même de faire confiance à une technologie. Mais la voiture autonome pourra sûrement recréer ce sentiment de liberté et de flexibilité. Le véhicule autonome ne me redonnera certes pas la vue, mais de nouvelles perspectives pour une meilleure qualité de vie.

Je fais facilement confiance à la voiture autonome – après tout, je me repose déjà sur de nombreuses technologies intelligentes dans la vie de tous les jours !
Miro Miletic

Notre expérience « Trajet test dans le noir » simule un parcours dans une voiture autonome. Comment l’as-tu vécue ?

C’était vraiment inhabituel. D’un autre côté : quand on est assis dans un train ou dans un avion, on sait que l’appareil est aussi en partie piloté automatiquement. Ces dernières décennies, il a fallu apprendre à faire confiance à la technologie – et avec mon handicap visuel, les sensations ont été dédoublées. Je me repose sur la technologie à bien des égards, tant au travail que dans ma vie privée. Ainsi, je n’ai eu aucun mal à faire confiance à un véhicule autonome : mon expérience des technologies modernes a toujours été positive.

De l’interaction passionnante entre le conducteur et le véhicule.    

Quelles différences as-tu pu constater ?

D’habitude, je suis passager dans une voiture. Je me rends vite compte de ce qui se passe autour de moi. Mais je ne sais jamais si le conducteur ressent les mêmes choses que moi, ni s’il prend les bonnes décisions. Quand j’étais dans la voiture autonome, cette sensation d’inconfort a complètement disparu – car je n’ai pas eu à faire confiance à un inconnu. Je sais que la technologie est bien plus fiable, surtout en termes de temps de réaction. J’ai pu vraiment me détendre totalement. Je me disais : la voiture va forcément faire ce qu’il faut !

Découvrez ici le processus d’apprentissage de la voiture autonome    

Je peux déjà remplacer presque tout par les nouvelles technologies – mais la mobilité demeure la seule exception.
Miro Miletic

Quelle est la valeur ajoutée de la conduite autonome pour les aveugles ?

L’amélioration de la qualité de vie, sans aucun doute ! Je vais pouvoir monter seul en voiture pour aller d’un point A à un point B. C’est un gain de temps considérable ! Actuellement, je dois toujours surveiller l’heure pour savoir quand part le prochain métro ou le prochain bus. Ensuite, je dois vérifier qu’il s’agit bien du bon bus en demandant au chauffeur. Avec la voiture autonome, je n’aurais plus besoin de faire tout ça.

Notre expérience « Trajet test dans le noir » simule un parcours dans une voiture autonome. Comment l’as-tu vécue ?

C’était vraiment inhabituel. D’un autre côté : quand on est assis dans un train ou dans un avion, on sait que l’appareil est aussi en partie piloté automatiquement. Ces dernières décennies, il a fallu apprendre à faire confiance à la technologie – et avec mon handicap visuel, les sensations ont été dédoublées. Je me repose sur la technologie à bien des égards, tant au travail que dans ma vie privée. Ainsi, je n’ai eu aucun mal à faire confiance à un véhicule autonome : mon expérience des technologies modernes a toujours été positive.

Et à quoi ressemble votre voiture du futur ?

Si je devais la définir visuellement (Miro sourit), je dirais une BMW i8. Elle offrirait néanmoins tout le confort que j’ai pu tester dans la BMW i3 autonome. C’est vraiment ce que je me souhaite. Car je peux déjà remplacer presque tout par les nouvelles technologies – mais la mobilité demeure la seule exception. La voiture du futur m’y donnera accès. Je pourrais m’y asseoir et lui dire : « emmène-moi au supermarché, au restaurant, au cinéma ou au théâtre le plus proche. » 

Découvrez ici comment une voiture autonome reconnaît son environnement.    

Parle-nous de l’exposition « Dialog im Dunkeln »

Depuis 1989, « Dialog im Dunkeln » crée un pont entre les voyants et les malvoyants. L’idée a germé dans la tête d’Andreas Heinecke pendant la période d’essai d’un collègue souffrant de handicap visuel à la radio. Il a voulu transmettre aux gens la tolérance et l'empathie pour les aveugles en les plongeant dans le quotidien des personnes non-voyantes. La première exposition a ouvert ses portes à Francfort. Elle a été complétée en 1997 par l’exposition « Dialog im Stillen » (dialogue en silence). Comme pour « Dialog im Dunkeln », il s’agissait de faire l’expérience d’un autre mode de vie, cette fois-ci celui des personnes malentendantes. Depuis 1989, plus de 8 millions de visiteurs se sont rendus dans 150 villes de 41 pays pour vivre les expositions « Dialog im Dunkeln » ou « Dialog im Stillen ». En ce moment, ces expositions sont proposées à 21 endroits différents. Depuis 2014, la maison Dialog propose une nouveauté à son répertoire dans certains lieux : « Dialog mit der Zeit » (dialogue avec le temps). Il s’agit d’une exposition sur la notion de vieillissement. Une autre expérience est proposée à plusieurs endroits : elle s’appelle « Dinner in the Dark ». Il s’agit d'un voyage culinaire dans l’obscurité la plus totale – le quotidien d’une personne aveugle.

À VOS CÔTÉS, QUAND VOUS LE DÉCIDEZ.

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